Souveraineté robotique de la France et l’Europe menacée


La politique économique nationale et européenne fait grand cas de notre indépendance énergétique, indépendance agro-alimentaire, maîtrise de notre système de défense, etc. Les institutions jusqu’au Président de la République en personne, soutiennent fortement des secteurs stratégiques, comme l’aéronautique, les transports publics, la Défense, l’Assurance & la Banque… Il s’agit d’affirmer au monde notre leadership national ou européen. Notre système de santé, fortement impacté par les innovations technologiques, doit également refléter les valeurs sociales de la France et l’Europe. Notre industrie manufacturière à la française, French Fab, sera-t-elle sous dépendance technologique d’autres pays et continents ?

Les technologies robotiques bouleversent la plupart des secteurs stratégiques nationaux et européens, à commencer par l’Industrie, au cœur de toutes les politiques de soutien institutionnel.  Pour autant, l’indépendance robotique de l’Europe et de la France n’est pas un sujet très débattu. Nous parlementons plus souvent sur nos peurs de ces technologies de rupture vis-à-vis de leur impact sur l’emploi ou sur des questionnements éthiques. La question pourrait aussi être envisagée différemment: Quel impact voulons nous que ces technologies aient sur l’emploi et selon quelles valeurs fondamentales françaises (Liberté, Egalité, Fraternité, non ?) et européennes ?

En parallèle de l’élaboration d’une réponse sociale et économique à la question de la robotique et l’emploi et une « charte éthique » des technologies comme la robotique, il s’agit également de nous assurer que nous serons en capacité de maîtriser leurs mises en œuvre. Il est donc stratégique pour la France et l’Europe d’assurer leur souveraineté technologique.

Or, cette indépendance robotique est clairement menacée.

En moins de 5 ans :

  • Universal Robots, un pionnier et une entreprise « licorne » d’origine danoise, est maintenant à capitaux américains
  • Kuka, dans le top 5 mondial des fabricants de robots industriels, est passé sous pavillon chinois ;
  • Le nom Aldebaran est effacé par celui du groupe japonais Softbank, qui en a pris le contrôle
  • Medtech, de Bertin Nahum, fondée à Montpellier, est maintenant une entreprise américaine.

Et la liste s’allonge avec les start-ups, d’autres PMI-PMI françaises et européennes dont les investisseurs sont américains ou asiatiques (Chine, Corée du Sud, Singapour, Japon).

Il s’agit d’éviter le phénomène déjà vécu dans le digital où, très clairement, la France et l’Europe sont sous «dépendance» des GAFA, la seule alternative de dépendance étant chinoise (Baidu, Tencent, etc.). La robotique a besoin d’une nouvelle impulsion, un nouveau souffle national et européen, avec une feuille de route stratégique, qui ait clairement comme objectif prioritaire, notre souveraineté robotique nationale et européenne.

 

Catherine Simon   /   02/11/2018


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