Intégrateurs et innovations robotiques : le maillon essentiel ou le chaînon manquant ?


L’intégrateur robotique est une entreprise chargée, en lien le plus souvent avec un équipementier ou un constructeur, d’intégrer différents composants mécaniques, électroniques et informatiques ensemble pour faire fonctionner un nouveau système robotique au sein de l’entreprise cliente. Dans l’automobile, par exemple, l’intégrateur réalise et met en place une ou plusieurs lignes automatisées au sein d’une usine de production. En effet, le marché de la robotique industrielle parait dominé par quelques grands groupes mondiaux. Pour autant, les constructeurs de robots n’assurent pas, le plus souvent, l’installation de leurs produits chez le client final. C’est le métier de l’intégrateur. Il peut assurer de multiples « missions » comme l’installation de robots bien sûr, mais aussi la mise en place d’actionneurs spécifiques (pinces, main, outil, …), la maintenance et la réparation d’installations de production, la formation du personnel à l’usage, et la programmation des robots, etc. Il est aujourd’hui un maillon essentiel dans la chaîne de valeur de la filière de robotique industrielle. L’intégrateur est en effet celui qui étudie au plus près et connait dans le détail le besoin et le contexte du client – utilisateur final. Il est également en aval des fournisseurs de technologies et d’équipements robotiques, dont il est le plus souvent le distributeur et client.

La France bénéficie d’un tissu national de près de 400 « intégrateurs » en robotique. Il s’agit majoritairement de TPE avec un savoir-faire spécifique soit dans l’intégration de robots d’une marque constructeur précise (ABB, Fanuc, Kuka, Yaskawa, Kawada, Staubli, Comau, Epson, ou encore, Universal robots, Rethink robotics, etc), soit dans un process particulier (soudage, assemblage, manutention, salle blanche, milieu humide, etc.). Quelques structures, une cinquantaine environ, souvent filiales de plus grands groupes, ont une dimension de Grande Entreprise nationale et même internationale. C’est le cas, par exemple d’Actemium du groupe Vinci Energies ou encore de Fives dont l’histoire industrielle remonte à plus de 200 ans. Le tissu des PME/ETI de l’intégration est constitué, quant à lui, de plus d’une centaine d’entreprises sur le territoire (SITIA, Humarobotics, Akeo Plus, APEGELEC, LUCAS, Boubiela Moret, Axys Robotique, etc.)

Les innovations et progrès technologiques tant en mécanique, électronique qu’en numérique redéfinissent le champ des possibles en terme d’automatisation/robotisation et, par la même, les opportunités de marchés et les business modèles.

Par exemple, dans le domaine industriel, l’arrivée des robots « collaboratifs », divise par 3, voire 10 fois selon les cas, le montant global d’investissement productif nécessaire à la « robotisation » d’une tâche. La rentabilité de l’investissement étant beaucoup plus rapide, grands groupes mais aussi PME s’intéressent à cette innovation robotique. Pourtant, le déploiement des robots collaboratifs est, certes, un mouvement de fond qui devrait s’accélérer, mais un mouvement qui n’est pas aussi exponentiel que beaucoup le prédisaient. Encore faut-il que le client PME trouve un intégrateur qui l’assiste depuis l’étude, passant par la prise de décision, et jusqu’à l’installation et les services potentiels associés. Dans le cas des robots industriels classiques, cette valeur ajoutée de l’intégrateur et les divers intervenants connexes est estimée aux environs de 3 fois le prix de l’équipement matériel associé, le robot. L’un des éléments mis en avant dans les différents atouts du robot collaboratif est qu’il dispose d’une IHM (Interface Homme-Machine) intuitive ; l’autre atout majeur est sa facilité de manipulation, de programmation ; Quelle est alors la valeur ajoutée de l’intégrateur auprès du client final ? Celle d’un distributeur ? ou beaucoup plus en amont, la valeur de conseil ? Quelles normes spécifiques de sécurité autres que des barrières ? quel marché pour les  nouveaux entrants sur le marché des constructeurs de robots tel Rethink Robotics et Universal robots pour ne citer que les plus connus ? Toutes ces questions doivent être résolues par la filière dans l’ensemble de sa chaîne de valeur pour que le déploiement des robots collaboratifs tiennent ses promesses de croissance exponentielle et de transformation de l’Industrie.

Quant à la robotique de services – émergence rapide d’une robotique non-manufacturière et des services – elle structure sa chaîne de valeur par marchés verticaux comme l’agriculture, la logistique, l’exploration de terrains hostiles ou inaccessibles à l’homme, le médical et la santé. Et chaque année, de nouveaux marchés verticaux émergent des innovations robotiques, c’est alors toute une chaîne de valeur qui doit s’inventer. L’opportunité est unique: créer de multiples nouvelles entreprises comme les intégrateurs de robots de service d’assistance au personnel de santé dans les maisons de retraite ou de surveillance, sécurité et maintenance ; ceux des robots serveurs/concierge / livreurs, etc.

Le rôle « clef de voute » des intégrateurs doit être exploré. Des business modèles sont à inventer comme ce que l’on appelle déjà « Robot As A Service ». Des opportunités de nouveaux marchés sont à découvrir.

 

02/11/2018


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