Des robots et des déchets

Des robots et des déchets


CHRONIQUE - Les robots et l’intelligence artificielle promettent d’améliorer le tri et la valorisation de nos déchets. Mais cela ne suffira pas : il faudra aussi repenser la façon dont nous produisons et consommons.

Le 18 janvier dernier, le gouvernement signait le contrat de filière « transformation et valorisation des déchets »  qui place les technologies numériques, robotiques et d’intelligence artificielle (IA) au cœur de l’efficacité et de la compétitivité mondiale de la filière.

En France, selon la Fédération des Entreprises du Recyclage, le chiffre d’affaires du secteur atteignait 9 milliards d’euros en 2017, et emploie 28.000 personnes, dont 76 % employés et ouvriers. Les opérateurs de tri manuel, souvent issus de programmes d’insertion, réalisent nombre de tâches répétitives, dans un environnement exposé à toutes sortes de substances.

En parallèle, la fermeture récente de la Chine aux importations de déchets et matières recyclées modifie les marchés export et incite la filière à restructurer son activité vers plus de qualité et de proximité entre la collecte, le tri et la valorisation.

Quelques entreprises proposent des solutions technologiques dédiées. Tomra (Norvège) déploie ses « reverse vending machines » pour la collecte et des capteurs innovants pour le tri ; AMP Robotics (Etats-Unis) s’appuie sur Neuron, logiciel d’IA pour la perception et sur Cortex, un système robotique autonome de manipulation ; Max. AI de BHS (Etats-Unis) allie les technologies d’apprentissage profond et les robots pour un rythme de tri supérieur à celui de l’humain sur certains matériaux ; ZenRobotics (Finlande) propose un outil d’analyse des déchets et une gamme de robots de tri…

La filière compte sur les innovations technologiques en matière de traçabilité pour la collecte, de vision artificielle pour la reconnaissance des différents déchets et matériaux, de préhension et télé-opérations pour des gains de productivité et la baisse de pénibilité des métiers. Elle a besoin de systèmes « agiles » pour s’adapter aux nouveaux matériaux qui entrent sur le marché.

Mais disposer des technologies de tri et de recyclage les plus avancées ne suffira tout simplement pas. Pour réduire vraiment nos déchets, les systèmes de production de biens (vierges, de réemploi ou recyclés) et leurs logistiques devront entrer dans une dynamique d’économie circulaire. Et, au-delà, l’objectif doit être celui d’une transformation systémique. Il s’agit d’adapter nos modes de vie en relations avec l’environnement naturel, l’organisation sociale, le niveau économique et la politique du territoire, dans l’objectif d’atteindre un équilibre général durable.

Catherine Simon est consultante et experte en robotique

 

Catherine Simon   /   07/02/2019


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